Voix des Éclaireuses : Mary Bakia

Le programme de leadership écoféministe Les Éclaireuses réunit des femmes leaders de tout le Bassin du Congo pour renforcer leur confiance, leurs liens et les compétences nécessaires pour porter le changement. À l’approche du deuxième atelier-retraite de la cohorte actuelle de femmes leaders de la République du Congo, nous partageons les témoignages de participantes sur leur expérience, ainsi que les réflexions de notre équipe de facilitatrices.

Chaque récit révèle une facette différente de ce qui se passe lorsque les femmes disposent de l’espace, du soutien et du réseau nécessaires pour exercer leur leadership. Nous commençons avec Mary Bakia, coordinatrice et facilitatrice principale du programme Les Éclaireuses. Au cours des prochaines semaines, nous ajouterons ici de nouveaux récits de participantes et de facilitatrices. Nous espérons que vous nous suivrez.

Mary Bakia: un parcours de leadership écoféministeWomen leadership Congo Basin

Pour moi, Les Éclaireuses a toujours été bien plus qu’une formation en leadership. C’est un espace où les femmes peuvent trouver leur voix, comprendre leur pouvoir, remettre en question les systèmes qui limitent leur influence et gagner la confiance nécessaire pour peser sur les décisions qui touchent leurs communautés et leur environnement.

Je dirige le programme à Well Grounded depuis 2022, en m’appuyant sur plus de dix ans d’expérience à la croisée du leadership féminin, de la justice de genre, de la gouvernance environnementale et du développement communautaire.

Je ne me considère pas simplement comme une formatrice qui transmet des connaissances. Mon approche est profondément participative. J’essaie de créer un espace où les femmes peuvent réfléchir à leurs propres expériences, interroger les structures de pouvoir existantes, apprendre les unes des autres et relier leurs réalités personnelles au combat plus large pour la justice environnementale et sociale. C’est essentiel pour moi, car le leadership ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances. Il s’agit aussi de reconnaître son propre pouvoir et d’avoir la confiance nécessaire pour l’exercer.

« Le leadership ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances. Il s’agit aussi de reconnaître son propre pouvoir et d’avoir la confiance nécessaire pour l’exercer. »

Une grande partie de nos échanges porte donc sur la nécessité d’aller au-delà de la simple présence. Une femme peut être invitée à une consultation, assister à une réunion communautaire ou participer à une concertation entre acteurs, sans pour autant avoir de l’influence. Le programme cherche à combler cet écart en aidant les femmes à comprendre où se situe le pouvoir, à identifier les obstacles à leur participation, à élaborer des stratégies d’engagement et à tisser les réseaux dont elles ont besoin pour influencer les décisions.

Je vois aussi le programme comme un espace d’apprentissage collectif. Chaque participante apporte ses propres expériences, son contexte et ses défis, qui deviennent autant de ressources pour les autres. Par le dialogue, la réflexion, les exercices pratiques et les échanges entre pairs, nous encourageons les femmes non seulement à renforcer leur propre leadership, mais aussi à réfléchir à la manière dont elles peuvent bâtir des organisations plus solides et des mouvements de changement plus larges.

Pour moi, le programme consiste à créer un espace où les femmes peuvent reconnaître leur propre pouvoir, apprendre les unes des autres et gagner en assurance pour influencer les décisions qui touchent leur vie, leurs communautés et leur environnement.

C’est une joie de voir cette idée grandir. Avec des cohortes au Cameroun et en République démocratique du Congo, et aujourd’hui une extension en République du Congo, nous faisons partie d’une communauté croissante de femmes leaders œuvrant à travers le Bassin du Congo.

Mais pour moi, la plus grande valeur du programme ne tient pas au nombre de femmes formées. Elle réside dans ce qui se passe lorsqu’elles retournent dans leurs organisations et leurs communautés : lorsqu’elles s’expriment avec plus d’assurance, remettent en question les décisions, ouvrent de nouveaux espaces pour d’autres femmes et commencent à se voir non plus simplement comme des participantes, mais comme des actrices capables de faire bouger les choses.

« La plus grande valeur du programme […] réside dans ce qui se passe lorsqu’elles retournent dans leurs organisations et leurs communautés : lorsqu’elles s’expriment avec plus d’assurance, remettent en question les décisions, ouvrent de nouveaux espaces pour d’autres femmes et commencent à se voir […] comme des actrices capables de faire bouger les choses. »

Ce que nous construisons, c’est bien plus qu’un programme. C’est une communauté de femmes leaders qui apprennent les unes des autres, se soutiennent mutuellement et transforment ensemble la façon dont la gouvernance environnementale est comprise et pratiquée dans notre région.

C’est pourquoi, pour moi, le leadership écoféministe n’est pas qu’un concept. C’est une pratique, ancrée dans la voix, le pouvoir, la solidarité et la conviction que les femmes doivent pouvoir façonner les décisions qui touchent leur vie, leurs communautés et leurs forêts.

2026-11-04T15:54:57+00:00novembre 4th, 2026|
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